Le Joueur du Grenier

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30 décembre 2012 // Culture web, Podcasts

Dans la fameuse lignée des podcasts vidéos, le Joueur du Grenier impose son Staïle en proposant en moyenne une fois par mois la critique d’un ou plusieurs jeux vidéos, il s’inscrit plus exactement dans la lignée du « Retro Game Test », ou test de vieux jeux. Visionnées entre 1 et 4 millions de fois, chacune de ses vidéos est chaleureusement accueillie par le public ! Frédéric Molas et son compère Sébastien Rassiat sont devenus des références de l’univers geek / jeux-vidéos en France. La preuve ? La sortie de la Bande Dessinée « Joueur du Grenier ». Et si on se met à en faire du fric, bah c’est bien la preuve que ça marche ! Et on peut vraisemblablement s’attendre à ce que d’autres produits dérivés ne tardent pas à sortir…

personnageL’homme

En voilà une belle exception à la règle ! Un gros bonhomme avec un goût vestimentaire plus que douteux, une chemise jaune et verte qui irrite la rétine mais devenue mythique, des jeux datant des années 1980 / 90 dont la plupart d’entre nous n’ont jamais entendu parler (ou en tout cas pas moi)… voilà un mélange peu commun.

Le bonhomme est drôle, très drôle même (objectivité quand tu nous tiens) et le voir s’emporter face à un jeu injouable, face à un gameplay tout pourri, ou tout simplement le voir mourir à répétition et beugler pendant le test d’un jeu, c’est toujours un pur moment de bonheur !

 

Ce que nous allons évoquer ici, ce n’est pas Frédéric Molas lui-même, mais bien le personnage du Joueur du Grenier tel qu’il est construit dans les vidéos. Le Joueur du Grenier incarne le No-life qui passe le plus clair de son temps devant son écran à jouer à divers jeux-vidéos, négligeant par conséquent son apparence (le gros bonhomme à l’unique chemise jaune) et sa vie sociale (à part Sébastien, il n’est nullement question d’amis avec lesquels jouer).

no-life

Donc ce No-life incarné ne correspond pas du tout au No-Life que l’on imagine devant un World of Warcraft (cf. bonhomme à droite), mais plutôt au « No-Life daté ». En fait, le Joueur du Grenier incarne à lui seul la nostalgie que l’on peut avoir face à un jeu vidéo. Même si on ne connait pas nécessairement le jeu dont il parle, ce que le Joueur du Grenier nous rappelle, c’est avant tout qu’un jeu vidéo auquel on a beaucoup joué fait partie de nous. Il représente une époque révolue, un univers dans lequel on s’était installé, et qui, qu’on le veuille ou non, nous avait captivé (dans tous les sens du terme).

Si vous voulez en savoir plus sur l’historique du bonhomme, je vous invite à consulter le très bon article Wikipédia , qui retrace en détail le conflit entre le Joueur du Grenier et son homologue américain The Angry Video Game Nerd, qu’il aurait honteusement plagié… très  honnêtement, qu’il l’ait plagié ou non, cela nous importe peu. Ce que nous allons étudier ici, ce sont les raisons du succès de ce format.

 

formuleLa formule

Ne vous y trompez pas, il ne s’agit en aucun cas d’un test classique de jeu vidéo, et ce pour deux raisons :

-          Les jeux qui sont décortiqués dans les vidéos ont tous plusieurs années – on n’est pas du tout dans une chronique d’actualité !

-          Les jeux sont tous massacrés à grand coup de machette au cours de la vidéo. Pas une seule vidéo ne fait l’éloge du jeu testé.

C’est précisément le fait que chaque jeu soit détruit au cours de la vidéo qui rend l’ensemble si plaisant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les tests sont tout sauf objectif. En réalité, ce que l’on savoure quand on regarde ces vidéos, c’est la confrontation entre le personnage, au combien truculent, du joueur du grenier et LE jeu vidéo qui sera la victime du mois.

La formule a un peu évolué au fil des épisodes. Aux origines, le Joueur du Grenier choisissait un jeu vidéo ancien (généralement un jeu de NES ou MegaDrive), et en faisait la critique devant la caméra. Petit à petit, le concept s’est étendu à des jeux plus récents (test sur les jeux de simulation récemment) et visiblement, l’élargissement de son « champs de compétence » aux jeux plus récents ne dérange pas son public étant donné que cette dernière vidéo a atteint son premier million de vues en moins d’une semaine (et 30 pouces verts pour 400 rouges, ça va, c’est honnête).

Là où le format de ses vidéos sort du lot, c’est sur la durée des podcasts. On est très loin des formats courts et incisifs des Norman et autres 2 minutes à perdre, avec les 15 / 20 minutes en moyenne des vidéos du Joueur du Grenier.

Il est intéressant de noter à ce sujet que le Joueur du Grenier, partant d’un format relativement long a commencé à produire, parallèlement sur la même chaîne, d’autres formats plus courts intitulés « Papy Grenier ». Ces épisodes durent moins de 10 minutes, et ne présentent pas de test, il s’agit juste d’un prolongement de l’univers. Ces nouveaux formats courts, ainsi que le lancement de la Bande Dessinée récemment montrent clairement que le Joueur du Grenier ce n’est pas qu’une série de tests de jeux, c’est avant tout un univers que Frédéric Molas et son compère ont réussi à construire avec brio !

 

cleLes clés du succès

Avec brio. C’est le mot ! Au-delà de la formule, voyons plus en détail pourquoi son podcast a réussi à sortir du lot :

1 – le personnage du Joueur du Grenier, on l’a évoqué plus haut, il reste l’attraction principale de la vidéo. Ses réactions, ses coups de gueules donnent la véritable dimension à la vidéo. Quand on y pense, il pourrait appliquer le même concept à un test de mouchoirs en papier, ça serait aussi drôle !

2 – le travail ! Parce qu’il y en a beaucoup. S’il faut 3 semaines de production pour chaque vidéo, ce n’est pas un hasard. C’est qu’il faut les tester quand même… et quand il fait un test il ne le fait pas à moitié. Il fait partie de cette population que l’on connait tous de joueurs qui sont capables de passer 8h d’affilé sur un jeu parce qu’il leur résiste

3 – la production. Ici non plus on est pas sur une vidéo tournée à l’arrache dans la cave. Dès les premières minutes de la vidéo, on se rend compte qu’ils ont leur propre générique (plutôt pas mal au passage), ce qui positionne leurs vidéos plus dans le format de l’émission que du podcast. La patte de Sébastien se fait sentir dans les montages, effets spéciaux,… petit à petit, le format a exploré la piste de « la critique par l’histoire » pour notre plus grand plaisir ! Plus clairement, les deux personnages nous font des petits sketchs scénarisés, costumés, avec projection de fond pour mettre en perspective la critique du jeu vidéo en question.

 

conclusionEn conclusion

Un peu comme Salut les Geeks, le Joueur du Grenier prouve une fois encore qu’avec du talent on peut vraiment faire de l’or avec n’importe quoi. La communauté qui regarde les vidéos du Joueur du Grenier dépasse très largement la communauté des fans du RétroGaming. Ce que l’on regarde, ce ne sont pas les jeux en eux-mêmes, c’est le personnage du Joueur du Grenier se construire progressivement dans sa relation au jeu vidéo.

 

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