Le phénomène Salut les geeks !

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28 décembre 2012 // Culture web, Podcasts

Norman fait des vidéos, Cyprien, Hugo tout seul… tout le monde connaît ! Maintenant que nous sommes passés à l’ère du podcast vidéo, il faut reconnaître qu’il n’a jamais été aussi facile de laisser s’exprimer sa créativité au grand public. Le bonhomme dont je veux vous parler aujourd’hui s’inscrit clairement dans cette dynamique ! Mathieu Sommet, présentateur de ce format court d’environ 5 minutes a trouvé une recette miracle.

On va voir ça tout de suite !

  personnageL’homme

Mathieu Sommet présente Salut les Geeks depuis mars 2011,  et l’émission se rapproche maintenant dangereusement de ses 2 ans ! En 2 ans, Mathieu a réussi à pondre pas moins de 51 vidéos, réunir 155 000 abonnés à sa chaîne, et totaliser plus de 15 millions de vues au total ! J’ai envie de dire : beau boulot gamin ! Depuis près de deux ans donc, chaque émission commence par la formule devenue traditionnelle dans le podcast :

« Salut les geeks ! Quoi de neuf sur la toile ? On va voir ça tout de suite ! » accompagné d’un délicat coup de télécommande, laissant clairement penser que l’on va assister à un zapping du web. Mais… depuis quand on regarde une vidéo YouTube en se servant d’une télécommande ? (et le premier qui me sort l’exemple de la télé connectée, je le frappe)

formule

La formule

Son concept est très simple : faire vivre à la communauté geek l’actualité de la semaine en vidéo. Evidemment il s’agit d’une actualité adaptée à son public, autrement dit une actualité geek. Donc à part lors de quelques rares cas comme pour la fermeture de MegaUpload ou pour le vilain Bad Buzz qui a entouré la sortie du lipdub de Decathlon, c’est généralement autour de critique de troll et de vidéos loufoques que notre Geek construit son émission. Parce que oui, vu les moyens dont il dispose le petit, on peut bien parler d’une émission, et pas d’un petit podcast enregistré à l’arrache dans sa cave…

En soi, choper 3 vidéos par semaine fun et les commenter devant sa caméra, ça n’a pas grand intérêt faut le reconnaître. Et c’est bien ce qu’on pourrait reprocher au concept de l’émission, pour certaines vidéos qu’il commente, on a vraiment l’impression qu’il prend la première vidéo qu’il lui passe sous le curseur. Ca va qu’il la détruit avec talent.

Là où il s’en sort mieux, et c’est précisément ce qui rend chacun de ses podcasts aussi savoureux, c’est qu’il n’est pas tout seul devant la caméra… ou plus exactement il n’est pas tout seul dans sa tête !

Incontestablement l’élément central de Salut les Geeks, c’est la diversité et l’originalité des personnages construits par Mathieu. Dans chaque épisode on retrouve :

Mathieu Sommet (le vrai): le geek sympa cool et un peu critique, c’est lui qui mène l’émission, en se faisant régulièrement couper par ses personnages.

Le Boss : LE pervers psychopathe, supposé avoir vécu un nombre d’expériences sexuelles incalculable (et à la limite du légal). Sans doute le personnage le mieux développé par Mathieu ! Il a pour particularité de toujours porter des lunettes noires ce qui fait que l’on ne voit ses yeux que dans un seul épisode (à vous de le trouver) ! Son rôle de « patron » a été clairement mis de côté au profit de celui du pervers, mais c’est sans doute mieux ainsi !!

Le No-life : l’incarnation du public auquel Mathieu est censé s’adresser. Le bonhomme est sympa, un peu plat, mais je pense qu’il doit représenter le mec gentil et un peu niais… pour le coup y’a pas grand-chose à en dire. Le concept est bon mais demande d’être développé davantage… peut être que dans quelques épisodes, qui sait ?

Le Hippie : « Non, Non, Babylone, Babylone, j’en ai trop pris ». Vous l’aurez compris, ce mec plane en permanence à 30 000. C’est un peu la caution « What The Fuck » de l’émission. Il intervient généralement pour défendre une cause écologique, humanitaire, ou simplement nous faire partager son mode de vie… décalé ! Il est souvent là pour rappeler à Mathieu que malgré son apparence plus clean il est lui aussi bien perché par moment…

Le Doc : il intervient toujours dans le dernier temps de l’émission. Il répond à une question qu’un internaute a envoyée à l’émission. La réponse est souvent assez surprenante, mais la réponse l’est toujours plus !

Et enfin : La Fille ! La dernière arrivée dans l’émission. Une fille peu farouche, incarnant à peu près tout ce qu’on peut penser des filles… en un mot : un cliché sur pattes !

Après tout si chacun de ces personnages sont caricaturaux, ce n’est que pour donner un regard différent sur une même information, tout en gardant un ton humoristique marqué.

cleLes clés du succès

1 – ca va vite, très vite ! Chaque scène dure environ 10 secondes, et le montage entre chaque phrase donnent le rythme à la vidéo.

2 – Les dialogues entre les différents personnages donnent une raison d’être aux personnages et permettent de mettre en scène l’information !

3 – l’illustration de chaque information, phrase, idée par une image sur l’écran de fond donne un cadre à l’histoire. Cette simple image permet d’appuyer le discours du bonhomme, et de comprendre parfois où il veut en venir. (Parce que oui, il faut reconnaître que parfois il parle un peu trop vite le p’tiot)

4 – une sélection de vidéos sur la toile. En soi, ce n’est pas la partie difficile du boulot, et ce n’est pas là non plus que repose le succès du format. C’est un simple piochage de 3 ou 4 vidéos sur la toile, et faut dire ce qui est, des vidéos à la con sur Internet, c’est clairement pas ce qui manque.

conclusionEn conclusion

Bref, ça répond à toutes les règles du genre. Le format est court, efficace, son positionnement est clair, et surtout il est DRÔLE ! Il s’appuie sur des ficelles humoristiques relativement connues, mais bien maîtrisées, et surtout, c’est le thème qui apporte l’originalité du format. Voir des vidéos sur Internet, c’est drôle, critiquer des vidéos sur Internet (surtout de gens au premier degré) c’est encore plus drôle ! C’est bien pour cette raison que l’on se régale devant les vidéos de Salut les Geeks, c’est LA méta-vidéo par excellence, sur fond de geekerie.

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