Soyez net sur le net. Le test des FacePloucs.

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12 février 2013 // Facebook, Social Media

Soyez net sur le net ! Voici le slogan de la nouvelle campagne de sensibilisation lancée par la ville de Paris pour attirer l’attention des jeunes sur les problèmes d’e-reputation sur Facebook. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les gens qui ont fait le test ont une vision très limitée de ce qu’est l’e-reputation. Entre sensibilisation et culpabilisation facile, il n’y a qu’un pas, que ce test a largement franchi.

L’intention de départ est plutôt bonne quand on y pense. Faire toucher du doigt à la génération qui vit sur Facebook qu’il n’est pas forcément bon de dévoiler toute sa vie privée devant ce qu’on appelle ses « amis ». Et pour ce faire, le site e-reputation.paris.fr propose un petit test réalisable en théorie en 2 minutes pour savoir si vous êtes conscient et responsable de votre e-reputation.

1 – Combien de vos amis Facebook considérez-vous comme tel ?

8 séries de questions sont supposées interpréter votre rapport à Facebook en commençant par le nombre de « vrais » amis que vous avez parmi vos contacts Facebook. Évidemment n’avoir qu’un quart de vrais amis parmi ses contacts est pénalisant.
Mais le fait de construire un compte Facebook vitrine où l’on sait pertinemment que l’on s’adresse à une communauté de gens plus ou moins connus (en tenant compte de la gestion des listes) rend cette première étape totalement inutile.

2 – A quel point connaissez-vous vos amis ?

S’ensuit un test où il s’agit de reconnaître les photos de profil de nos amis et de dire si on les a réellement rencontrés ou non. Même si on connaît réellement lesdits contacts, il y a un point que le test ne prend pas en compte, et qui est la vitesse à laquelle les gens changent leurs photos de profil Facebook. Alors entre les gens qui changent de photo tous les jours et ceux qui mettent des photos de tout sauf de leur tête, va savoir de qui il s’agit en vrai. (Parce que bien entendu vous n’avez pas le nom, juste la photo).

3 – Connaissez-vous tous vos amis ?

Le test n°3 fonctionne sur le même système de reconnaissance de photos de profil. Mais il s’agit cette fois d’associer le prénom de la personne à la photo de profil. Alors cette fois on peut toujours fonctionner par élimination pour les amis casse-couilles qui ont mis des photos de profils bizarres ou qui ne sont pas reconnaissables sur leur nouvelle photo de profil.

4 – Êtes-vous toujours aussi fan de ces pages ?

Le 4e test semble être le plus utile jusque-là. Il s’agit d’indiquer, parmi la liste des pages qu’on a liké, celles que l’on assume toujours et celles dont on préférerait ne plus être fan.

5 – Qui invitez-vous vraiment ?

Après, l’utilisateur est invité à organiser un événement Facebook sur une interface reconstruite pour le test. Le test vérifie en réalité si vous avez le réflexe de sélectionner un critère de confidentialité ou non. Le laisser en public indiquera que vous ne surveillez pas votre e-reputation, tandis que si vous pensez à cocher « Sur invitation uniquement », vous êtes un bon élève.

6 – Vous assumez de vous afficher ?

Et après ça… c’est la descente aux enfers. Le test touche le fond. Le test sélectionne des photos dans lesquelles vous avez été taggué, et fait de petits montages, mettant en scène ces photos dans des lieux publics. A chaque fois, la question vous est posée « Vous verriez cette photo affichée en plein centre-ville comment vous sentiriez-vous ? » On peut choisir entre « Très à l’aise / Mal à l’aise / J’aurais honte ». Et c’est là qu’on se rend compte que l’exagération est toujours aussi efficace pour détruire un argumentaire solide. Qui ne serait pas mal à l’aise en voyant une photo de soi en plein centre-ville ? Même si on a déjà effectué un sérieux tri dans ses photos Facebook que très peu d’amis (voire aucun) n’ont accès aux photos sur lesquelles on est taggué, on n’a pas forcément envie que lesdites photos soient affichés dans les couloirs du métro. Il faut savoir raison garder petits culpabilisateurs.

7 – Vos statuts sont-ils trop personnels ?

L’étape suivante porte sur les statuts que vous avez pu poster sur Facebook. Même système que pour les photos. Le test reprend le contenu de vos statuts et les met en scène dans des lieux plus ou moins publics : le mur de votre chambre, l’écran géant de votre travail, le tableau de votre école… encore une fois, qui aimerait que ses statuts Facebook, quels qu’ils soient, soient diffusés sur l’écran géant de son travail ? Il n’y a pas de rapprochement possible. Il est possible de gérer qui peut voir chacun de nos statuts sur Facebook, mais ce n’est pas pris en compte, allez savoir pourquoi. De même, un bon mot, une bonne blague publiée sur son mur Facebook qui ne nuit en rien à notre e-reputation serait totalement déplacée sur le tableau noir de l’école. Encore une fois, quel rapport que veut établir le test entre le mur Facebook et ces différents lieux publics ?

8 – A qui montrez-vous vos contenus ?

La dernière étape du test pose des questions sur des réglages de confidentialité de Facebook, il vérifie que vous savez où les retrouver et à que vous savez à quoi sert chacun d’eux.

En conclusion

Ce test a été construit en dépit du bon sens, et vérifie des choses qui ne représentent qu’une infime part de ce qu’est l’e-reputation en réalité, par des tests aux résultats plus que contestables. Pour frapper les esprits, le test fonctionne en grande partie par métaphores et exagérations, ce qui lui fait perdre toute valeur dans le même temps.

Enfin, notons que le test porte sur Facebook et UNIQUEMENT SUR Facebook. Tout contenu diffusé sur Twitter, sur un blog perso, tout message déposé sur un forum sera totalement ignoré par le test. Vous pouvez donc tenir un blog néo-nazi et insulter tous vos collègues de bureau sur Twitter, vous aurez 100/100 à ce test. C’est y pas wonderful ?

Si vous voulez le faire à votre tour, c’est par ici.

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